Publié le 07/10/2026

À Saint-Hélen, l’école sort du fioul et s’adapte au changement climatique

Saint-Hélen, commune rurale de 1 531 habitants des Côtes-d’Armor (Dinan Agglomération), le groupe scolaire Emilie et Germaine Tillion, qui accueille environ 110 élèves de la maternelle au primaire, achève une rénovation énergétique d’ampleur. 

 

Accompagné par le programme ACTEE (Action des Collectivités Territoriales pour l’Efficacité Énergétique) via le Syndicat Départemental d’Énergie des Côtes-d’Armor (SDE22), ce chantier illustre la capacité des petites communes à électrifier leur patrimoine, à maîtriser leurs dépenses et à préparer leurs écoles aux étés caniculaires comme aux hivers rigoureux. 

 

Le cœur du projet : remplacer la chaudière fioul, qui représentait 85 % des consommations énergétiques du site, par une pompe à chaleur air/eau, et reprendre l’ensemble de l’enveloppe du bâtiment — isolation, menuiseries, verrière, ventilation. 

 

À l’issue des travaux : 

➔ -62 % de consommation d’énergie finale sur l’ensemble du site  

➔ -91 % d’émissions de CO₂, soit environ 21 tonnes évitées chaque année  

➔ Près de 9 800 € d’économies annuelles sur la facture d’énergie, au prix de l’énergie de septembre 2026  

➔ La sortie définitive du fioul au profit de l’électricité  

➔ Une école confortable été comme hiver : moins de 2 % des heures de classe au-dessus de 28 °C 

Sortir du fioul : l'électrification au cœur du projet

Construite au XXe siècle puis agrandie, l’école de Saint-Hélen exploitait jusqu’ici un bâti vétuste, chauffé au fioul. L’audit énergétique réalisé en 2023 dans le cadre du programme ACTEE a dressé un constat sans appel : 85 % des dépenses énergétiques du site étaient liées au chauffage fioul. 

 

Le scénario retenu par le conseil municipal organise la bascule complète vers l’électricité : dépose de la chaudière fioul, installation d’une pompe à chaleur air/eau haute température (45 à 50 kW, fluide R454C à faible PRG), refonte du réseau hydraulique, remplacement des régulations et passage des luminaires en LED. L’étiquette climat du bâtiment passe de C à A, avec une réduction de 91 % des émissions de CO₂. 

Cette électrification s'appuie sur une réduction massive des besoins : sans isolation performante, une pompe à chaleur ne suffit pas. Le projet combine travaux sur les systèmes et travaux sur le bâti, dans une logique de rénovation globale.

Une école confortable en été comme en hiver

L’audit avait mis en évidence un double inconfort, hiver comme été. Les usagers décrivaient des sensations de froid dans le bâtiment en hiver — murs non isolés, menuiseries en simple vitrage, verrière peu performante — et des températures trop élevées en période estivale, du fait de cette même verrière. 

 

Les travaux répondent aux deux saisons : 

  • Isolation complète des murs, planchers bas, planchers hauts et plafonds ; 
  • Remplacement des menuiseries extérieures et de la verrière par du double vitrage ; 
  • Ventilation double flux dans les classes et bureaux ; 
  • Free-cooling et surventilation nocturne sur les centrales double flux, pour évacuer la chaleur accumulée la nuit ; 
  • Gestion technique centralisée (GTC) et régulation du chauffage en fonction de l’occupation. 
Alors que les canicules de 2025 et 2026 ont contraint des écoles à fermer partout en France, la rénovation de l’école de Saint-Hélen, prenant en compte les enjeux de confort d’été, garantit aux élèves des conditions d'apprentissage correctes été comme hiver, y compris lors des canicules. Les salles de classe restent sous 28 °C plus de 98 % du temps scolaire. 

Des économies pour les finances communales

Au prix du fioul en vigueur lors de l’audit, 1,20 € le litre, le bâtiment coûtait environ 10 650 € TTC par an en énergie. Début septembre 2026, la Direction générale de l’énergie et du climat relevait ce prix à 1,80 € : à ce tarif, la même facture atteindrait près de 14 800 €. Après travaux, l’école consomme environ 5 000 € d’électricité par an. L’économie annuelle s’établit ainsi à près de 9 800 €, soit les deux tiers de la facture.  

 

Le coût total de l’opération s’élève à 1 220 300 € HT (1 464 360 € TTC), études et travaux compris. Pour porter cet investissement, la commune a mobilisé un bouquet de financements croisés : 

  • Fonds Vert : 350 000 € 
  • DETR-DSIL 2025 : 100 000 € 
  • Dinan Agglomération, fonds de concours : 100 000 € 
  • Département des Côtes-d’Armor, contrat de territoire : 80 000 € validés en avril 2025, plus 100 000 € de complément demandé 
  • ACTEE+ Chêne 5, frais de maîtrise d’œuvre : 72 700 € 
  • Bien Vivre Partout en Bretagne : 41 613 € 
  • Programme ORECA du SDE22 : 35 000 € 
  • DETR 2024 : 32 000 € 
  • Certificats d’économies d’énergie : 25 000 € 
La commune économisera près de 9 800 € par an, soit les deux tiers de la facture énergétique. La participation communale représente 26 % du montant total

Une rénovation rendue possible par ACTEE

Le projet de Saint-Hélen n’aurait pu voir le jour sans la phase amont financée et accompagnée par le programme ACTEE, via le SDE22. 

 

Lauréat du programme ACTEE depuis 2019 aux côtés des trois autres syndicats d’énergie bretons, le SDE22 accompagne les communes des Côtes-d’Armor dans la maîtrise de l’énergie, notamment via son programme ORECA (Opération pour la Rénovation Énergétique en Côtes d’Armor). 

 

À Saint-Hélen, cet accompagnement s’est traduit par : 

  • Un audit énergétique financé à 50 % par ACTEE, réalisé selon la norme NF EN 16247-1 et le cahier des charges ADEME, qui a posé les bases techniques du projet : état des lieux, gisements d’économies, trois scénarios de travaux chiffrés ; 
  • Un appui à la décision : c’est sur la base de cet audit que le conseil municipal a retenu le scénario de rénovation globale avec électrification du chauffage ; 
  • Une stratégie de financement fondée sur des données concrètes d’économies d’énergie, condition d’accès aux subventions mobilisées ; 
  • La valorisation des CEE générés par les travaux. 
« L’accompagnement de l’État et de nos partenaires est indispensable pour franchir cette étape cruciale et offrir à nos enfants un environnement à la hauteur des enjeux écologiques et sociétaux d’aujourd’hui. » Olivier Boixière, Maire de Saint-Hélen

ACTEE en Bretagne : 27 millions d'euros et 2 500 bâtiments engagés

La Bretagne est la deuxième région française la plus financée par ACTEE. Depuis 2019, plus de 27 millions d’euros d’aides y ont été engagés, dont 13 millions déjà versés, dans les quatre départements pour financer les projets de rénovation des écoles, mairies, lycées, piscines, salles polyvalentes, ou encore des bâtiments médico-sociaux sur l’ensemble du territoire breton. 

 

Ces aides ne financent pas les travaux eux-mêmes, mais tout ce qui les rend possibles : les audits qui établissent l’état réel des bâtiments, les études de conception, et les postes d’économes de flux — des techniciens spécialisés mis à disposition des collectivités qui n’ont pas cette compétence en interne, comme Saint-Hélen. 

 

Sur l’ensemble de la région, ACTEE a financé : 

  • Près d’une centaine de structures publiques lauréates — communes, EPCI, syndicats d’énergie, établissements de santé, agences locales de l’énergie, 
  • Environ 2 500 bâtiments publics concernés par un financement, pour plus de 3 millions de m², répartis dans 513 communes bretonnes — plus de quatre sur dix, 
  • Le financement de 49 postes d’économes de flux dans une trentaine de structures (syndicats d’énergie, conseil régional, métropoles, départements, EPCI…), 
  • Plus de 700 bâtiments audités et 120 études de maîtrise d’œuvre, ainsi que 400 000 points lumineux d’éclairage public examinés 
  • Cinq collectivités bretonnes lauréates du concours d’économies d’énergie CUBE, sept du dispositif de sensibilisation Ecopousse et une du programme RACINE d’adaptation des écoles à la chaleur. 

Un accompagnement technique de proximité par le SDE22

Le Syndicat Départemental d’Énergie des Côtes-d’Armor (SDE22) joue un rôle clé dans la réussite de la rénovation de l’école de Saint-Hélen. Aux côtés de la commune, il a assuré un accompagnement technique structurant tout au long du projet, depuis les audits initiaux jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle.

 

Le SDE22 met à disposition son expertise en ingénierie énergétique, ainsi que son réseau de professionnels qualifiés pour assurer la qualité d’exécution des travaux. Il intervient également comme tiers de confiance pour le suivi de la performance énergétique post-rénovation. 

 

Dans le cadre du partenariat avec ACTEE, le SDE22 bénéficie du soutien financier pour le poste d’économe de flux, garant de la stratégie énergétique à l’échelle intercommunale. Cet accompagnement mutualisé est particulièrement précieux pour les communes rurales, qui n’ont pas toujours les ressources internes pour piloter des projets de cette envergure. 

Les économes de flux ACTEE, un accompagnement au long cours

Le chantier bénéficie depuis deux ans d’un accompagnement technique et financier, avec la mobilisation d’un « économe de flux » en appui à la maîtrise d’ouvrage locale.  

 

A ce jour, 5 postes d’économes de flux financés et formés par ACTEE accompagnent les collectivités du département. Avec le soutien des équipes nationales d’ACTEE, ces spécialistes accompagnent au quotidien la gestion des projets de rénovation énergétique du département, des audits à la rédaction des dossiers de demandes de subventions.

Une dynamique de rénovation énergétique dans le département

Le SDE22 accompagne avec ACTEE de nombreux projets de rénovation énergétiques dans les Côtes-d’Armor depuis 2022. 6 écoles et 5 bâtiments municipaux font l’objet de projets de rénovation depuis 2020, avec pour objectif de réduire d’au moins 40% les consommations énergétiques de ces bâtiments. 

 

Louargat — Rénovation du groupe scolaire des deux Ménés  

  • Travaux achevés fin 2025, 75 % d’économies d’énergie, t°C <28°C en canicules 
  • Rénovation globale du bâtiment scolaire, budget de 1,5 million d’euros 

 

Saint-Agathon — Rénovation du groupe scolaire  

  • maîtrise d’œuvre en cours de recrutement 
  • Rénovation énergétique de l’école primaire et maternelle, budget de 1 million d’euros 

 

Yvignac-la-Tour — École  

  • maîtrise d’œuvre recrutée, phase APD validée, 
  • Rénovation énergétique globale de l’école, budget de 1,8 million d’euros 

 

Langast — Salle polyvalente :  

  • démarrage des travaux prévu fin mai 2025, 
  • Rénovation énergétique globale, budget de 0.6 million d’euros 

 

Pléguien — École  

  • Lancement de la mission d’accompagnement au projet, 
  • Rénovation énergétique de la partie primaire budget de 1.3 million d’euros 

 

Runan — Salle polyvalente :  

  • validation de l’avant-projet définitif (APD) le mois dernier. 
  • Rénovation énergétique, budget de 0,75 million d’euros