Publié le 11/09/2026

Communiqué – Plan d’électrification : les bâtiments publics des collectivités prêts à être intégrés au dispositif

Paris, 11 septembre 2026

ACTEE salue la sélection des 109 territoires pilotes du plan d’électrification, dévoilée jeudi 10 septembre au soir. Le programme se tient prêt à le décliner auprès des collectivités, en accompagnant la décarbonation de leurs 280 millions de mètres carrés de bâtiments et notamment l’adaptation aux vagues de chaleur des 42 800 écoles publiques dans la vague 2 du plan d’électrification. Sur 109 territoires d’électrification, 107 comptent déjà des collectivités bénéficiaires d’ACTEE, soit 98 %.

Le même jour, le Conseil supérieur de l’énergie validait la prolongation d’un an d’ACTEE+, troisième période du programme ACTEE, jusqu’au 31 décembre 2027, avec une mission restreinte à l’adaptation des écoles aux fortes chaleurs.

Une enveloppe confirmée de 10 millions d'euros pour 2 500 écoles

Cette décision est positive : elle engage l’adaptation de 2 500 écoles à la chaleur, avec une enveloppe réduite par rapport au plan initial, mais qui permet de franchir une première étape.

 

Elle ne prolonge pas, en revanche, les missions d’ingénierie portées par d’ACTEE+ : la rénovation énergétique des bâtiments publics des collectivités — les écoles en premier lieu — et le soutien à un réseau de 750 agents spécialistes de l’énergie, financés pour partie par les collectivités, en complément des aides du programme, mettant ainsi en péril une dynamique d’électrification à l’oeuvre depuis 2019.

Le bâti public, un angle mort du plan d’électrification

Le plan porte sur les flottes de véhicules, les bornes de recharge, le logement, l’industrie et l’agriculture. Les bâtiments publics des collectivités n’apparaissent pas encore comme un chantier identifié, représentant pourtant 30 % du parc tertiaire national, plus de 200 000 bâtiments, dont près de la moitié est encore chauffée au gaz fossile et 8 % au fioul.

 

À l’échelle du patrimoine d’une collectivité, électrifier les usages ne se limite pas aux véhicules : il faut traiter les chaufferies des écoles, des mairies et des gymnases.

L'ingénierie nécessaire existe déjà dans ces territoires

87 % des communes retenues par cette première partie du plan électrification sont rurales : exactement le public que le programme ACTEE accompagne. À l’échelle nationale, ACTEE2 a accompagné 6 287 communes et 13 824 bâtiments publics, dont 4 884 bâtiments scolaires. Le réseau de 750 économes de flux financés par le programme couvre une partie significative des 6 676 communes concernées par le plan. Il n’y a donc pas d’outil à créer pour électrifier les bâtiments des petites communes, mais un dispositif existant depuis 2019 à mobiliser.

 

Notons d’ailleurs que 107 territoires sur 109 comptent au moins un bénéficiaire ACTEE, soit 98 %.

  • 36 sont eux-mêmes lauréats
  • 31 ont une commune ou un EPCI lauréat dans leur périmètre
  • 40 sont couverts par un syndicat d’énergie ou un département
  • 2 seulement sans lauréat identifié : Grand Saint-Dizier et Perche-Haut Vendômois

L'électrification est plus efficace après une rénovation

Installer une pompe à chaleur dans un bâtiment non rénové conduit à la surdimensionner : surcoût d’investissement, surconsommation électrique, facture dégradée. L’ordre des opérations est documenté : réduire le besoin, mutualiser lorsqu’un réseau de chaleur existe, électrifier ensuite.

 

Sans volet efficacité, le plan prend le risque de coûts d’exploitation supérieurs aux économies attendues. C’est ce que finance l’ingénierie amont : l’audit qui détermine le bon dimensionnement avant l’investissement.

Une confirmation d’ACTEE4 urgente

Les collectivités attendent ainsi de la deuxième phase du plan d’électrification, annoncée pour octobre, qu’elle intègre un volet dédié au patrimoine bâti des collectivités, susceptible de prendre le relais de l’adaptation des écoles et du plan urgence canicule.

 

Cela implique que la reconduction d’ACTEE pour une quatrième période soit inscrite à l’ordre du jour du Conseil supérieur de l’énergie d’octobre, avec l’enveloppe de 315 M€ prévue, pour un objectif de 12 000 communes accompagnées.

 

La reconduction pour une quatrième période d’ACTEE devient urgente. Une décision attendue depuis un an et toujours pas rendue envoie un contre-signal, en défaveur de la rénovation énergétique comme de la dynamique d’électrification des bâtiments publics. Les collectivités élaborent en ce moment leurs plans d’investissement pour le mandat, et nous observons les premiers signaux de ralentissement dans la dynamique de rénovation patiemment construite.

Un enjeu de service public, été comme hiver

Cet enjeu est d’abord celui de la continuité du service public. Les fermetures de piscines depuis l’hiver 2022, sous l’effet de la flambée des prix du gaz, et les fermetures d’écoles lors des canicules de 2025 et 2026 ont montré le caractère urgent et indispensable de la rénovation pour maintenir les services publics ouverts. Rénover, c’est garder les écoles ouvertes l’été et les piscines l’hiver.

 

Rappelons que ces fonds, financés par les certificats d’économies d’énergie, sont sans impact sur le budget de l’État. Ils complètent les moyens des collectivités pour leur permettre d’engager des travaux de réduction des consommations d’énergie, sources d’économies budgétaires bienvenues dans un contexte de prix de l’énergie durablement élevés.