Publié le 10/09/2026

Une thèse, un portrait #4 : Yolène Valière

Valoriser les ressources locales et les producteurs du territoire pour rénover le patrimoine bâti en milieu rural : Yolène Valière, une des dix doctorant.e.s soutenues et co-financées par ACTEE, en partenariat avec 1000 doctorants pour les territoires, milite pour une architecture durable ! Dans le cadre de sa thèse CIFRE, la jeune architecte cherche à proposer une autre approche dans le secteur du bâtiment, plus durable et responsable. Comment mettre les différents acteurs autour de la table pour aborder ces problématiques ? Dans notre 4ème portrait, nous avons interrogé Yolène sur ses travaux engagés et passionnants. 

 

Rénover le patrimoine local tout en favorisant l’économie du territoire, telle est l’ambition de Yolène, ancienne professionnelle dans le secteur du tourisme reconvertie en architecte. Depuis 2025, elle est implantée sur le Parc naturel régional (PNR) des Causses du Quercy (Lot), dont l’une des missions est de protéger ce territoire rural habité, et s’efforce de réunir les pouvoirs publics, les acteurs économiques et les particuliers pour proposer une architecture durable.

Crédit photo : Mathieu Genon

Une architecte en reconversion professionnelle

Yolène est une architecte engagée. « Je réfléchis beaucoup au rôle social de l’architecture », indique-t-elle. Pourtant, elle a failli ne jamais exercer ce métier qui l’a toujours fait rêver. Après un début de carrière dans le tourisme, elle décide à 28 ans de reprendre des études d’architecture à l’ENSA Toulouse. Quelques années après l’obtention de son diplôme, elle prépare une recherche doctorale tout en travaillant parallèlement comme dessinatrice en architecture dans le Lot. Avec déjà un certain recul sur sa carrière professionnelle, elle rêve de monter sa propre agence pour défendre une architecture favorisant des matériaux de recyclés, biosourcés, issus du réemploi et avec une démarche participative et citoyenne.

 

C’est en répondant à l’appel à candidatures de 1 000 doctorants pour les territoires, un programme facilitant l’embauche de doctorants dans les collectivités locales et cofinancé par ACTEE, qu’elle concrétise finalement son projet de thèse.

Agir face à la crise du logement en milieu rural

Le terrain d’études de Yolène se situe dans le PNR des Causses du Quercy. Son travail consiste à développer des rénovations du patrimoine « délaissé », des bâtiments à fort intérêt architectural mais inhabités ou abandonnés depuis longtemps.

« Le milieu rural n’est en effet pas épargné par la crise du logement et les offres de location à l’année diminuent aux dépens des locations saisonnières, constate l’architecte. Le patrimoine délaissé peut être une piste d’actions face à cette crise. »

La laine de mouton, une ressource locale au service de la rénovation

Pour rénover ce patrimoine, Yolène veut s’appuyer sur des matériaux disponibles, comme par exemple la laine de mouton caussenard, une race d’origine locale. Elle accompagne la consolidation d’une filière qui permettra de mobiliser des savoir-faire locaux tout en faisant vivre le territoire. « Il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie et expliquer aux usagers l’intérêt de la laine de mouton. Derrière ce matériau, ils doivent savoir qu’il y a des éleveurs, des personnes qui lavent la laine, d’autres qui la distribuent. »

 

Au-delà des usagers, il y a un enjeu de développer la confiance des artisans envers ce matériau, et de consolider leurs compétences, notamment en matière de pose. Pour Yolène, cette expérimentation s’inscrit dans une démarche plus globale d’interroger les origines des matériaux utilisés dans les projets de rénovation. Développer une filière locale permet de challenger les matériaux importés de l’autre bout du monde et d’évaluer ses bénéfices et ses inconvénients pour le territoire.

Une architecture collective et collaborative

Engagée dans un syndicat d’architectes, Yolène partage ses résultats et ses observations de terrain et soulève l’intérêt croissant de ses collègues. Le réseau des doctorants d’ACTEE lui permet d’élargir encore plus ses liens avec les acteurs du secteur du bâtiment. Dans un monde qui se questionne sur des pistes de démondialisation, Yolène est convaincue que les architectes doivent prendre part à cette réflexion.

 

« Faire collectif, créer de la convivialité, coopérer dans la bienveillance, » c’est là toute l’approche qu’elle explore pour exercer sa propre vision de l’architecture.

 

  • Pour suivre le travail de Yolène, rendez-vous sur sa page web  ou contactez-la par mail.  

Une thèse, un portrait #1 : Louise Michaud

Comment intégrer les usagers et les compétences locales aux projets de rénovation des écoles ? C'est dans une commune rurale du Loiret, où elle a grandit, que Louise explore cette question dans le cadre de sa thèse.

Une thèse, un portrait #2 : David Alfonso

David analyse le SDIE comme outil de pilotage de la transition écologique et énergétique, avec comme terrain de recherche le patrimoine immobilier de la métropole de Brest.

Une thèse, un portrait #3 : Camille Massotte-Antoine

Au sein du Parc naturel régional des Vosges du Nord, Camille s’intéresse à la manière de développer l’éco-rénovation et la préservation du bâti existant, tout en tenant compte le cadre de vie dans lequel il s'inscrit.