Analyser le SDIE, un outil de pilotage stratégique pour accompagner la transition énergétique du parc immobilier de Brest : c’est le sujet de recherche de David Alfonso, une des dix thèses CIFRE soutenues et co-financées par ACTEE, en partenariat avec le programme 1000 doctorants pour les territoires. Comment arrive-t-on sur le chemin de la recherche, et comment ces travaux peuvent-ils apporter des réponses et faire avancer la rénovation énergétique des territoires ? Pour le savoir, découvrez à travers notre série de portraits, les récits passionnés de ces doctorantes et doctorants.
David a débuté sa thèse en avril 2025 au sein de Brest Métropole. Il travaille sur le pilotage de la transition écologique et énergétique du patrimoine immobilier public du territoire, avec l’idée de faire évoluer les outils, essentiellement technico-financiers, vers des dispositifs de dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la transformation du patrimoine immobilier.
Je viens de la Colombie où j’ai fait une licence en économie et gestion. J’ai ensuite poursuivi mes études avec un Master en économie de l’environnement à l’Université de Bretagne Occidentale et l’Institut Agro Rennes-Angers, mention recherche. Lors de mon alternance à l’Agence de l’eau Seine Normandie, j’ai travaillé sur les sujets liés à la transition environnementale et énergétique du bassin.
Mon sujet a été monté par mes encadrants de thèse, Yoann Queyroi, et Christophe Godowski*. Le projet doctoral est rattaché au laboratoire de recherche LGTO de l’Université de Toulouse, et mené en collaboration avec le service de la Mission Stratégie Immobilière (MSI) de Brest Métropole. Je tiens à souligner que ce service est un dispositif assez unique au sein des collectivités locales et illustre l’engagement de la Métropole sur le sujet de la rénovation des bâtiments et sa gestion plus stratégique.
*Yoann Queyroi est maître de conférences en sciences de gestion et du management à Institut National Universitaire Champollion et Christophe Godowski est professeur des Universités à l’Université de Toulouse.
Crédit photo : Mathieu Genon
Mon travail consiste à analyser la mise en place du SDIE (schéma directeur immobilier et énergétique) dans les collectivités locales de Brest, qui est confrontée à différentes problématiques. D’une part, l’enjeu de professionnalisation de la maîtrise d’ouvrage Brestoise, dont les responsabilités sont actuellement éclatées entre les différentes Directions sectorielles. D’autre part, des difficultés pour avoir une vision financière transversale de la gestion immobilière, liées à l’absence d’outil de centralisation des données financières et l’hétérogénéité de l’information entre les directions. Pendant ma première année de thèse, j’ai travaillé avec la MSI pour développer un outil d’analyse des dépenses et recettes de fonctionnement pour le parc immobilier des deux collectivités, qui a permis de clarifier la vision financière et de contribuer à la mise en place du SDIE.
Pour la suite de ma thèse, je vais analyser la place et l’agencement des différents outils de gestion et encourager l’ouverture d’espaces de discussion entre les acteurs, afin de faire passer le SDIE d’un outil nettement instrumental vers un dispositif de gestion dynamique, évolutif et au service du pilotage stratégique.
Utiliser le bon langage peut être un défi. La communication entre chercheurs est très différente de celle avec les agents de la Métropole. Ces derniers ayant besoin de réponses rapides à des problématiques spécifiques, il est généralement compliqué d’aborder le sujet de manière académique. J’ai donc appris à adapter mon discours en m’appuyant sur des cas pratiques du terrain pour que les apports académiques soient compris et pris en compte. Ce n’est pas encore toujours évident mais je commence petit à petit à « technicifier » la recherche et j’en suis très content !
Je pense que cette difficulté est aussi partagée par d’autres doctorants présents lors de la journée d’échanges organisée par ACTEE. Mon expérience permettra aux autres de mieux anticiper la situation, de ne pas faire les mêmes erreurs. C’est tout l’intérêt de ce type de rencontres.
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