Publié le 27/08/2026

Une thèse, un portrait #3 : Camille Massotte-Antoine

De l’architecture à la recherche, il n’y a qu’un pas : c’est la voie qu’a choisi d’emprunter Camille Massotte-Antoine, une des dix doctorant.e.s soutenues et co-financées par ACTEE, en partenariat avec 1000 doctorants pour les territoires. Dans le cadre de sa thèse CIFRE, la jeune femme s’intéresse à l’éco-rénovation des bâtiments dans le milieu rural. Pourquoi avoir choisi cette voie et comment ses recherches contribuent à explorer d’autres approches de la rénovation énergétique ? Découvrez l’interview de Camille dans notre série de portraits. 

 

Doctorante depuis octobre 2024, Camille mène ses recherches au sein du Parc naturel régional des Vosges du Nord, un territoire rural habité, riche d’un patrimoine naturel et culturel à préserver. Son travail s’intéresse à la manière de développer l’éco-rénovation et la préservation du bâti existant, tout en tenant compte de l’organisation des espaces publics, des logements et, plus largement, du cadre de vie, une dimension encore trop souvent négligée.

Comment es-tu arrivée dans l’univers de la recherche ?

Ayant toujours voulu devenir architecte, j’ai d’abord obtenu mon diplôme de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg. Durant mon Master 1, l’expérience de mon mémoire a été assez compliquée car la notion de recherche n’était pas très imprégnée dans les écoles d’architecture. Heureusement, ma directrice de mémoire, anthropologue, m’a donné des clés pour mener mes entretiens sur le terrain avec une approche sociologique. Sur ses conseils, je me suis inscrite en Master de sociologie à l’Université de Strasbourg où j’ai pu acquérir des méthodes d’enquêtes statistiques et qualitatives. C’est pour conclure ce master que j’ai effectué un stage au Parc naturel régional (PNR) des Vosges du Nord, avant de vouloir poursuivre avec une thèse. J’ai été embauchée en CDD d’un an, comme chargée de mission au sein du PNR, le temps de trouver un financement ; c’est alors que j’ai découvert l’appel à candidatures d’ACTEE qui permet de concrétiser mon projet.

 

Crédit photo : Mathieu Genon

Comment as-tu trouvé l’idée de ton sujet ?

L’idée de ma thèse est venue de mon stage où j’ai beaucoup travaillé sur la préservation du patrimoine bâti. Tout part d’un constat : le patrimoine bâti dispose déjà d’une belle littérature, le PNR propose aussi des dispositifs pour former les artisans sur leur préservation. Mais le sujet de l’urbanisme, c’est-à-dire de la manière dont un bâtiment s’inscrit dans son environnement et s’organise spatialement autour d’usages contemporains, reste peu étudié.

Par exemple, sur le territoire, il existe des fermes à cour où les bâtiments sont construits autour d’une cour intérieure. Les démarches de préservation privilégient souvent la partie logis de la ferme et négligent, voire déconstruisent les espaces de stockage. Pourtant, cette organisation d’ensemble est un élément central de l’identité de ce patrimoine. Mes recherches se portent donc sur ce manque : comment préserver les organisations spatiales qui donnent leur sens au patrimoine bâti, au regard d’usages plus contemporains ?

Quels sont tes premiers constats ?

Après un an et demi, j’observe qu’il est difficile d’intégrer la préservation du patrimoine bâti dans les documents d’urbanisme. Les collectivités locales du périmètre du PNR, souvent de très petites communes, manquent généralement de compétences notamment en ingénierie des territoires.

As-tu rencontré des difficultés jusqu’à maintenant ?

Au niveau organisationnel, j’ai dû jongler entre mes tâches de chargée de mission et de doctorante. Cela n’a pas toujours été évident d’expliquer mon nouveau rôle mais on a réussi à trouver un compromis en alternant chaque semaine entre le PNR et le laboratoire de recherche. J’ai besoin de temps pour me plonger dans la lecture et rassembler les connaissances, ce qui n’est pas possible au PNR où je suis fortement sollicitée.

Comment ACTEE te soutient dans ton projet de thèse ?

Je trouve génial qu’ACTEE nous ait proposé de travailler sur des posters scientifiques lors du séminaire, afin de produire des messages accessibles pour le grand public. Le discours du PNR est souvent très technique et cet atelier m’a permis d’apprendre à parler plus simplement de mon travail et à transmettre mes connaissances au grand public.

Pour contacter Camille :