Publié le 18/06/2026

Canicule : un maire peut-il décider de fermer une école en cas de forte chaleur ?

Face à la multiplication des épisodes de chaleur intense, de nombreuses collectivités s’interrogent sur les mesures à mettre en œuvre pour garantir la sécurité des élèves et des personnels scolaires. La question de la fermeture temporaire des écoles se pose désormais de manière récurrente lors des vagues de chaleur.

la circulaire du 27 mai 2026 relative au plan ministériel de gestion des vagues de chaleur prévoit que la fermeture d’un établissement scolaire peut être décidée lorsqu’aucune mesure d’aménagement ne permet d’assurer l’accueil des élèves et des personnels en toute sécurité.

Que prévoit la circulaire du 27 mai 2026 ?

Selon ce texte, la fermeture d’un établissement scolaire doit résulter d’un dialogue entre le préfet, les autorités académiques et le maire de la commune concernée.

Cette décision doit conserver un caractère exceptionnel et proportionné à la situation.

Une procédure qui peut s'avérer difficile à mettre en œuvre dans l’urgence

Dans certaines situations, les conditions météorologiques peuvent évoluer très rapidement et nécessiter une réaction immédiate.

 

En pratique, la concertation dans des délais très courts du maire, du préfet et des différentes autorités académiques (recteur, DASEN, inspecteur de l’Éducation nationale) peut s’avérer complexe à organiser, alors même que la protection de la santé et de la sécurité des élèves et des personnels requiert parfois une intervention en urgence.

Le maire peut-il fermer une école en cas de canicule ?

Oui.

Dans ce contexte, en tant qu’élu, le maire détient le pouvoir de police sur le territoire de sa commune, et est ainsi fondé à décider de la fermeture d’une école en cas de chaleur extrême mettant en danger la santé des enfants et des personnels.

 

Cette faculté a déjà été mobilisée lors des épisodes caniculaires de 2025. Plusieurs centaines d’écoles avaient alors été fermées à titre temporaire, par décision conjointe ou concertée entre maires, préfectures et Éducation nationale, confirmant l’exercice de cette faculté lorsque la protection de la santé des enfants l’exige.

 

En effet, le maire peut décider de la fermeture temporaire d’une école lorsque des circonstances locales, telles qu’un épisode de chaleur intense, créent un risque suffisamment caractérisé pour la santé et la sécurité des élèves et des personnels. Dans l’exercice de ses pouvoirs de police, il peut, si la situation locale le justifie, adopter des mesures plus rigoureuses que celles arrêtées par l’État (CE, 18 avril 1902, Commune de Néris-les-Bains). Une telle décision doit toutefois respecter les principes de nécessité et de proportionnalité et ne peut être prise que lorsqu’aucune mesure moins contraignante ne permet d’assurer une protection équivalente (CE, 19 mai 1933, Benjamin).

Comment agir en tant que maire lors d’un épisode de forte chaleur ?

Lorsqu’un maire est confronté à une situation de forte chaleur dans votre commune, nous conseillons :

  • de faire constater et relever les températures dans les locaux concernés ainsi que toute circonstance susceptible d’affecter la santé et la sécurité des élèves et des personnels (absence de ventilation, exposition des bâtiments, impossibilité de maintenir une température acceptable, etc.) ;
  • d’évaluer et de formaliser les risques identifiés au regard des conditions réelles d’accueil afin de pouvoir objectiver la nécessité d’éventuelles mesures de restriction ou de fermeture ;
  • d’informer sans délai le préfet et le DASEN ;
  • d’examiner en priorité les mesures d’adaptation susceptibles de permettre le maintien de l’accueil dans des conditions satisfaisantes de sécurité (adaptation des horaires, limitation de certaines activités, relocalisation temporaire de classes, etc.) ;
  • si la fermeture devient nécessaire, de prendre un arrêté de fermeture temporaire dûment motivé lorsque aucune mesure moins contraignante ne permet de garantir la sécurité des élèves et des personnels ;
  • de prévoir, lorsque cela est matériellement possible, des solutions alternatives ou un dispositif minimal d’accueil.