Temps fort des Rencontres 2025 de la communauté CARTE : l’atelier de présentation des activités de Recherche d’ACTEE. Ou comment améliorer la performance énergétique des bâtiments publics en impliquant leurs parties prenantes grâce à la présence de doctorant.e.s au sein d’une collectivité. Économe de flux saumurois, Raphaël Bezaud nous en dit plus.
En matière d’amélioration des performances énergétiques des bâtiments, le monde est divisé en deux catégories. D’un côté, les technophiles ne jurent que par la domotique, les capteurs, les objets connectés pour produire d’énormes volumes de données qui seront traitées par des calculateurs. De l’autre côté, les promoteurs des « low–tech » promeuvent des approches techniques, sociales et organisationnelles plus gourmandes en neurones qu’en mégaoctets. Raphaël Bezaud est pour une approche mixte et pragmatique.
L’économe de flux de la Communauté d’agglomération Saumur-Val-de-Loire est venu à Paris, certes pour échanger avec ses confrères et consœurs, mais aussi pour renforcer ses acquis en matière de solutions alternatives à la technicisation.
Tout naturellement, cet adepte de la petite reine a sprinté pour participer aux temps d’échange avec des doctorant.e.s en sciences sociales financés par ACTEE. « Pour moi, les Smart Building sont limités. On n’obtiendra jamais d’immeubles instrumentés de bonnes performances énergétiques ou environnementales sans le consentement et la participation des usagers. On a grand besoin des sciences sociales pour trouver les bonnes solutions », estime l’ingénieur Arts et Métiers.
D’où l’importance de travailler avec des sociologues, des philosophes. « Grâce à eux, on peut redonner du pouvoir aux usagers. Ce sont eux qui vivent dans le bâtiment au quotidien, ils sont plus à même que des architectes ou des ingénieurs à gérer leur confort thermique ou la sobriété ».
En poste depuis deux ans, Raphaël Bezaud entend aussi suivre de près le programme de recherche-action RACINE, proposé par ACTEE. Mené sur le terrain, ce projet vise à identifier les freins à l’adaptation aux vagues de chaleur dans les écoles, notamment les blocages organisationnels.
Des solutions concrètes seront testées pour les dépasser. « Il s’agit de concevoir avec les parties prenantes des solutions simples, peu contraignantes pour adapter des bâtiments scolaires aux canicules. Ces solutions sont similaires et adaptables dans les autres bâtiments tertiaires ».