Lors de sa deuxième participation, Fatia Jean-François a pu conjuguer formation spécifique aux sujets ultramarins et échanges avec ses pairs. Un double dividende pour l’économe de flux de Pointe-à-Pitre.
Ils sont rares les événements parisiens qui incitent les professionnels ultramarins à faire le déplacement en métropole. Les Rencontres de la CARTE sont de ceux-là. En poste depuis dix-huit mois à Pointe-à-Pitre, Fatia Jean-François en est à sa deuxième participation. Et son enthousiasme n’est pas retombé. Bien au contraire.
« J’avais été ravie d’assister aux Rencontres de 2024. C’était la première fois que je rencontrais des collègues », raconte l’ancienne ingénieure en développement urbain.
La séquence de décembre 2025 a été bien plus riche encore. « En amont des Rencontres, ACTEE avait organisé trois jours de formation dédiés aux économes de flux d’Outre-Mer. A cette occasion, nous nous sommes initiés aux certificats d’économie d’énergie, avons exploré de nouvelles sources de financement possible (Feder, Interreg, intracting), appris à déployer une stratégie financière pour rénover des bâtiments publics », souligne-t-elle.
Ces stratégies seront probablement mises en œuvre pour hiérarchiser l’urgence des travaux de rénovation à accomplir. « Mais il y a de fortes chances que les élus choisissent de commencer par les écoles qui servent aussi d’abris lors du passage des cyclones », précise-t-elle.
Les Rencontres, c’est aussi la possibilité de partager des retours d’expérience. « En Guadeloupe, il y a peu de communes qui ont la capacité d’acheter des licences de systèmes de gestion de l’énergie. En outre, la plupart des éditeurs de ces logiciels sont métropolitains et ne proposent pas de formation dans nos territoires. A Paris, j’ai rencontré un confrère réunionnais qui a développé une application qui pourrait tout à fait être mise en œuvre aux Antilles ».
Une discussion entre deux ateliers avec un représentant de la Banque des territoires a aussi permis à Fatia Jean-François de trouver un moyen de financer les audits énergétiques des bâtiments publics sans menacer l’équilibre du budget de la capitale économique de la Guadeloupe.
La fonctionnaire pontoise a suivi avec attention l’atelier consacré à la rénovation d’un pavillon de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. « Notre hôpital est situé sur la frontière entre Pointe-à-Pitre et une commune voisine. L’atelier m’a permis d’imaginer comment nous pouvions phaser les travaux de rénovation aux abords de l’établissement ».