Publié le 08/07/2026

Une thèse, un portrait #1 : Louise Michaud

Rénover les écoles d’une commune rurale en intégrant les usagers et les compétences locales, c’est le sujet choisi par Louise Michaud, une des dix thèses CIFRE soutenues et co-financées par ACTEE, en partenariat avec le programme 1000 doctorants pour les territoires. Comment arrive-t-on sur le chemin de la recherche, et comment ces travaux peuvent-ils apporter des réponses et faire avancer la rénovation énergétique des territoires ? Pour le savoir, découvrez à travers notre série de portraits, les récits passionnés de ces doctorantes et doctorants.

 

Louise mène des recherches depuis octobre 2021 sur la rénovation énergétique des écoles dans la commune de Saint-Cyr-en-Val, dans le Loiret (45), un territoire qu’elle connait bien puisqu’elle y a grandi et a fréquenté ces écoles.

L’école, au cœur du projet de recherche

Louise Michaud est originaire de la petite commune de Saint-Cyr-en-Val dans le Loiret. Montée à Paris pour des études d’architecture à l’ENSA Paris Val de Seine, elle développe un intérêt pour les liens entre l’éducation et l’architecture. Optant pour une année de césure, elle part sur les routes françaises afin de rencontrer des enseignants avec une pratique alternative d’adaptation de l’espace à leur projet pédagogique. Un documentaire, Les fourmis, construire ensemble l’école de demain, est né de cette aventure et des rencontres. Davantage intéressée par la recherche que par la maîtrise d’œuvre, la jeune architecte décide de poursuivre ses études sur une thèse à l’ENSA de Paris-La Villette en octobre 2021.

 

Son sujet est très personnel puisqu’il consiste à travailler sur les rénovations des écoles de Saint-Cyr-en-Val. Pour cette commune de moins de 3 500 habitants comme pour tant d’autres en France, les moyens dédiés à la rénovation énergétique des bâtiments communaux sont modestes. « J’ai voulu intégrer le confort des usagers par leur implication dans les projets de rénovation, pour que ce sujet ne soit pas uniquement abordé par le prisme technique et laissé entre les mains d’ingénieurs », précise Louise.

Crédit photo : Mathieu Genon

 

Une rénovation réussie grâce à l’implication des usagers

Faisant de sa ville d’enfance le terrain d’expérimentation de son travail, elle y décline une méthodologie en trois phases. Le premier temps consiste à rénover la cour de la maternelle. Pour cela, elle a demandé aux enfants de grande section, aux professeurs, aux agents d’entretien et aux parents d’élèves de proposer les aménagements de la cour. Les agents techniques de la ville sont aussi impliqués afin d’internaliser les compétences. La rénovation est un succès car l’implication des usagers ainsi que la présence de Louise permettent de réajuster rapidement le projet. Le deuxième temps de sa thèse consiste à la création d’un pôle éducatif avec le regroupement du centre de loisirs et de la crèche avec les deux écoles. Durant cette phase, Louise s’est confrontée aux limites des petites communes notamment en ingénierie de projets. Ces freins caractérisent en partie les difficultés de massification de la rénovation voulue par la politique publique, malgré des mesures incitatives.

Agilité et inventivité dans les petites communes

La dernière partie de la thèse consiste à suivre la maintenance des écoles et à étudier le rôle des services techniques de la commune. Car, malgré des ressources humaines et financières modestes, les petites communes disposent d’agents techniques qui offrent une réactivité et une flexibilité sur certains aspects de la rénovation. « Les petites communes doivent s’appuyer sur cette agilité interne pour inventer de nouvelles solutions dans les territoires afin de mener à bien leurs projets de rénovation », souligne-t-elle.

 

Cette dernière phase de suivi, cruciale selon Louise pour lui permettre de collecter des données complètes de terrain et de donner une perspective aux résultats de sa recherche, a été rendue possible grâce à une quatrième année de thèse, financée par ACTEE. Actuellement en pleine rédaction, elle devrait soutenir début 2027, avec le sentiment d’avoir rendu un peu meilleur le quotidien des enfants de la ville où elle a grandi.