Alors que la 2ème vague de chaleur de 2026 frappe la France, avant même le mois de juillet, une école réduit la température de ses salles de classe de 3 à 4°C, et jusqu’à 7°C en ressenti, sans travaux lourds. A Grabels, près de Montpellier (34), l’école maternelle Jean Ponsy fait partie des 15 écoles pilotes du programme RACINE. Menée par ACTEE et mise en œuvre par SURYA Ingénierie, l’expérimentation vise à adapter les écoles aux fortes chaleurs, avec des solutions low tech. Installation de capteurs, implication des usagers et mise en œuvre de solutions peu coûteuses et peu énergivores : en seulement un an, la commune et l’ALEC Montpellier Métropole ont permis à cette école d’assurer le confort des enfants en période de canicule, avec peu d’investissements.
Construite au début des années 2000, l’école maternelle Jean Ponsy accueille 170 élèves âgés de 3 à 6 ans. Bien que récent, ce bâtiment est particulièrement sensible aux températures extrêmes – une situation loin d’être isolée, comme l’explique Guillaume Perrin, directeur d’ACTEE :
Dès juin 2025, les capteurs installés dans les classes lors de la phase de diagnostic du programme RACINE ont révélé des températures pouvant atteindre 30°C dans les salles, pour des températures extérieures de 33°C. Les équipes d’ACTEE ont également noté une forte inertie thermique du bâtiment : la nuit, alors que les températures extérieures se rafraîchissent, la chaleur reste prisonnière des classes, avec un écart allant jusqu’à 7°C.
Parmi le panel des 15 établissements RACINE, l’école Jean Ponsy détient même le record du nombre de journées estivales : 63 jours au-dessus de 25°C sur les 90 jours d’observation de l’été 2025.
Suite au diagnostic, la commune de Grabels et l’ALEC Montpellier Métropole ont déployé plusieurs solutions, issues des recommandations RACINE. Une installation rapide, sans travaux lourds et à un coût limité : il a suffi d’une semaine, pendant les vacances de printemps, et d’un budget de 23 000€ pour concrétiser le projet.
1. Limiter les apports de chaleur
Des voiles d’ombrage en fibre de coco ont été installées sur les façades les plus exposées au soleil. Ce matériau naturel protège les vitrages du rayonnement direct tout en laissant circuler l’air. Des brise-soleil en aluminium ont également été ajoutés afin de réduire la surchauffe dans les salles de classe.
2. Améliorer le confort thermique des usagers
Quatre brasseurs d’air ont été installés dans les deux classes les plus chaudes et dans le couloir central. En journée, ils créent un mouvement d’air qui améliore immédiatement le ressenti des enfants et du personnel éducatif. Le soir, un mode déstratification permet d’évacuer la chaleur accumulée sous la toiture.
3. Rafraîchir avec la ventilation nocturne
Chaque soir, pendant la période de canicule, un gardien ouvre les fenêtres lorsque les températures extérieures diminuent, puis les referme avant l’arrivée des élèves. Une solution simple qui permet de lever un des freins majeurs identifiés par RACINE, lié à la sécurité des bâtiments (risque d’intrusion ou de nuisibles).
Dès juin 2026, les premiers résultats ont été mesurés, et comparés à la même période l’année précédente.
Une différence immédiatement perceptible pour les équipes de l’école : « Ça fait 17 ans que je travaille ici. Enfin je ne termine plus mes journées en sueur », témoigne Stéphanie Taïx, responsable des ATSEM de l’établissement.
La démarche low tech, sur laquelle s’appuie le programme RACINE, repose également sur l’implication des usagers. Les élèves, les enseignants et le personnel de l’école sont les premiers impactés par la chaleur : il est essentiel de comprendre leurs besoins, et de les associer dans la démarche.
À Grabels, les équipes éducatives ont participé à plusieurs ateliers de sensibilisation au changement de pratiques, tandis que des jeux pédagogiques sur le confort thermique ont été organisés avec les enfants. L’objectif : mieux comprendre les effets de la chaleur et adopter les bons réflexes au quotidien.
Fort des premiers résultats observés sur la première année, ACTEE a reconduit le programme RACINE et recruté en mai 2026 15 nouvelles écoles, soit un panel de 30 écoles au total.
L’objectif : identifier les actions les plus efficaces et fournir aux collectivités des méthodes éprouvées pour adapter leurs écoles aux épisodes de chaleur, de plus en plus fréquents, longs et précoces.
Cette démarche s’inscrit dans l’engagement plus large d’ACTEE en faveur de la transition énergétique des écoles, aux côtés des programmes de rénovation énergétique, du concours ACTEE CUBE Écoles et du programme de sensibilisation Ecopousse.